Présentation

Bénédicte Prévost est maman adoptive et biologique. Son parcours de maternité l’a mise devant des défis particulièrement importants à relever. C’est ainsi qu’elle a beaucoup observé, cherché, réfléchi, débattu de ses réflexions avec un large réseau de mamans ainsi qu’avec de nombreux professionnels de l’enfance. Elle s’est ensuite formée en Adopteparentalité© et en massage pour enfants, puis a rencontré Nathalie Leplae avec qui elle a créé des ateliers créatifs pour les parents.

 

« Apprendre à être parent. Un défi créatif » interpelle les deux modes de parentalité (adoptive et biologique) afin qu’ils puissent s’enrichir l’un, l’autre. Inspiré notamment de la psychologie humaniste et positive et des nouvelles recherches en neurosciences, ce livre nous invite à apprivoiser nos émotions, écouter nos besoins et améliorer notre estime de soi pour donner à nos enfants le meilleur de nous-mêmes. Alliant une théorie très documentée pour chaque parent à des exercices créatifs, Bénédicte Prévost et Nathalie Leplae nous proposent de plonger au cœur de nous-mêmes pour découvrir nos ressources créatives afin d’être capables d’accepter nos enfants tels qu’ils sont et de les accompagner dans leur chemin de vie.

La presse en parle

Les parents et l'école, Ufapec, n°85

Entrées Libres, n°95

L' Appel

Le Journal Dimanche

Vers L' Avenir

Il était une foi ... la parentalité, Radio La Première

Conférences

Congrès : Le rêve au cœur de la relation d'aide.

Paris 2012

Approfondir son rêve de devenir parent adoptif : comment aider les futurs parents adoptants à développer leur créativité afin qu’ils se préparent à accueillir et à accompagner leur futur enfant ?

 

Introduction

C’est avant d’être parents qu’on peut se préparer à être prêt à accueillir ses enfants, non pas comme des répliques de soi-même, mais comme un renouvellement dans un autre monde, pour une toute autre vie, qui est celle de nos enfants. Nous devons penser l’éducation pour préparer nos enfants à une vie dont nous ne savons pas ce qu’elle sera, et qui est en train de changer constamment[1].

« En m’engageant à vivre pleinement ma propre vie et à travailler pour me voir et m’accepter tel que je suis, je serai mieux à même d’accorder une semblable acceptation à mes enfants et de les aider à grandir, à réaliser tout leur potentiel d’être uniques »[2]  

 

Public-cible  de nos ateliers

Les parents adoptants c’est-à-dire qui sont considérés comme « aptes pour l’adoption », car ils ont reçu l’agrément. Ils sont passés par les expertises médicales et psychosociales et savent dans quel pays ils vont adopter. Leur dossier administratif est en ordre. Ils attendent l’attribution de leur futur enfant et sont dans un temps d’attente dont ils ne connaissent pas la durée. Ils doivent se préparer à accueillir un enfant qui a vécu le trauma de l’abandon, ce qui leur demandera de la patience et de la perspicacité, mais également de la créativité.

 

Nos postulats

1.      L’énergie créative est présente en chacun de nous, même si l’accès à son potentiel est parfois bloqué. La stimuler permet d’accéder à nos ressources intérieures. Ce processus favorisera notre capacité d’adaptation face à l’enfant tel qu’il sera. Nous croyons qu’en développant leur créativité, les parents adoptants peuvent s’adapter plus facilement à leur enfant tel qu’il sera en créant des manières de vivre avec lui qui soient adaptées à sa personnalité

2.      Le parent en attente d’adoption qui aura pris du temps pour  reconnaître ses besoins et ses émotions pourra accepter les émotions de son enfant, lui apprendre à les exprimer, accueillir ses besoins et l’accompagner dans son parcours de vie.

 

 

Objectifs de nos ateliers 

 

·         Permettre aux parents en attente d’adoption de rythmer l’attente  entre le dépôt du dossier et la rencontre avec leur enfant et de rendre ce temps fécond grâce au développement de leur créativité ;

·         Inviter les parents adoptants à puiser dans leurs ressources et à développer leurs rêves, leurs idéaux, leurs valeurs en tenant compte de leurs émotions, de leurs besoins et de leurs peurs ainsi qu’à investiguer leurs liens d’attachement familiaux et amicaux ;

·         Améliorer leur estime d’eux-mêmes en tant que futur parent ;

·         Favoriser la capacité d’adaptation des parents adoptants face à leur enfant tel qu’il sera ;

·         Préparer le parent adoptif à accueillir et à accompagner l’enfant adopté tel qu’il sera avec ses besoins et ses émotions durant son parcours de vie, à créer un lien d’attachement avec son enfant, à favoriser son estime de lui-même. En effet, les parents en attente d’adoption doivent se préparer à accueillir un enfant qui a vécu un abandon. Celui-ci a vécu un trauma qui le rend « insécure » ;

·         Proposer aux parents adoptants la création d’objets symboliques qui accompagneront l’enfant adopté dans sa recherche de compréhension de ses origines et de ses repères spatio-temporels : une boîte à racines, un album de présentation de la famille adoptive, un arbre généalogique et une ligne du temps.

 

Structure de la conférence

1ère partie. Développer la créativité des parents adoptants pour favoriser leur capacité d’adaptation 

2ème partie. Développer les rêves, les idéaux des parents adoptants à partir de leurs ressources en tenant compte de leurs émotions et de leurs besoins

3ème partie.  Comment concrètement?

Le texte intégral de la conférence peut vous être envoyé sur demande à l’adresse benedicte.prevost@creonspourdemain.be

 


[1] Inspiré de F., DOLTO, Tout est langage, Livre de poche, Paris, 1987

[2] M., J., KABAT-ZIN, A chaque jour ses prodiges. Etre parent en pleine conscience, Les Arènes, Paris, 2012, p. 403

Être parent, un défi créatif.

Librairie Agora, Louvain-la-Neuve 2014

1.   Tu as écrit un livre à la fois pour les parents adoptifs et biologiques. Pourquoi ? En quoi cette démarche t’a-t-elle paru particulièrement pertinente ?

·         C’est la première fois que cela arrive (défi pour moi que mon projet soit accepté par un éditeur)

·         Premièrement car personnellement, je suis maman adoptive et biologique et je l’ai été dans cet ordre-là.

·         Le parent adoptif sait qu’il adopte un enfant qui a un passé plus ou moins lourd fait d’abandon, de ruptures parfois de maltraitance mais aussi avec une culture et une langue différente. Naturellement, il s’adapte donc à son enfant. Cela n’est pas simple et pour y parvenir, il doit sortir de ses peurs et de ses croyances toutes faites pour puiser dans ses ressources créatives. C’est là qu’intervient le défi créatif, la créativité comme une ressource universelle mais pas toujours consciente et exploitée au mieux.

·         Naturellement, quand je suis devenue maman biologique, j’ai donc fait la même chose : je me suis adaptée à mon enfant en puisant dans mes ressources internes et externes. J’ai eu envie de partager cette démarche dans mon livre car mon expérience et ce que j’en avais tiré était un peu inédit.

 

2.      Tu penses que cela va intéresser tous les parents ?

En fait, le bébé abandonné a été très étudié par les différents courants psys comme par les neurosciences. Ces différentes études nous apprennent beaucoup sur le comportement de beaucoup d’enfants tels que les enfants prématurés, les enfants anxieux, les enfants qui créent difficilement des liens…

On s’est rendu compte notamment que l’enfant qui avait vécu un trauma mais également celui qui avait eu une naissance difficile, qui avait dû être séparé de sa mère… et en réalité tout bébé humain qui a la caractéristique de naître complètement dépendant d’un adulte maternant avait terriblement besoin de sécurité (un des premiers besoins juste après les besoins physiologiques et encore…). On le savait intuitivement par le passé, mais on l’avait quelque peu oublié.

 

3.      Comment faire ?

L’enfant a besoin qu’on réponde à ses différents besoins de manière chaleureuse (importance du toucher), rapide, prévisible et cohérente. Les deux éléments importants sont le soutien affectif (répondre à ses besoins, accueillir ses émotions et veiller à ce qu’il ait une bonne estime de lui) et la structure (les limites claires et cohérentes).   

 

4.      Le titre « apprendre à être parent » : Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?

Tous les journalistes m’ont posé cette question et je me suis emberlificotée à chaque fois, car en réalité, je ne me suis jamais posé cette question. Pourquoi pas en fait ?

Plus sérieusement, en tant que parent adoptif, nous sommes obligés de suivre un parcours chez le médecin, le psy, l’assistant social, de répondre à toute une série de questionnaire et intégrer des groupes de parents adoptants. Au lieu de le prendre comme une obligation, mon mari et moi nous l’avons pris comme une chance pour apprendre, pour nous poser des questions sur nos racines, nos valeurs, notre façon d’imaginer nos enfants et notre façon d’être avec eux, pour dialoguer ensemble et pour partager avec d’autres parents adoptifs. C’était une vraie joie de faire de nouvelles rencontres avec des personnes qui étaient embarqués dans la même aventure que nous. Ces liens ont persisté après l’adoption de notre enfant.  Quand je rencontre maintenant des femmes enceintes qui me disent « j’aimerais prendre un 4/5ème temps à l’arrivée de notre enfant mais mon mari ne veut pas » : comment vont-ils régler ce problème ? Quel lieu va les accueillir pour les écouter tous les deux avec leurs peurs, croyances et émotions ?

 

Les choses ne vont plus de soi. Notre société est en pleine mutation tant au niveau sociologique que technologique et l’avenir nous apportera son lot de surprises.  Nous sommes dans une situation inédite : nous ne savons pas comment nous allons parvenir à vivre à 7 milliards d’individus sur une seule terre. Nos enfants vont devoir être créatifs. C’est pourquoi je pense que cet apprentissage pour être parent est un bon moment.

De plus, étant donné que le secteur de l’enfance bénéficie de nouvelles connaissances scientifiques, cela serait dommage de nous en priver.    

 

5.       Tu as écrit un chapitre entier sur « prendre soin de soi en tant que parent ». Pourquoi ? Peux-tu nous en dire plus ?

Depuis quelques mois, on a découvert un nouveau type de burn-out, le burn-out parental. Or, ce que je propose « s’adapter à son enfant pour l’accompagner vers l’autonomie », « le sécuriser pour qu’il puisse s’envoler vers le monde ». Il nous faut donc être capable de prendre soin de nous-mêmes pour donner le meilleur à nos enfants. Je propose dans le livre de nombreuses pistes pour y arriver mais je n’en développerai que quelques-unes. D’abord, j’ai envie de vous dire « soyez tendres avec vous ». Proscrivez les culpabilisations et les jugements autocritiques ; apprenez à avoir beaucoup de bienveillance et d’autocompassion pour vous-mêmes. C’est en vous acceptant comme vous êtes que vous arriverez à accepter vos enfants comme ils sont (quelques minutes d’exercice d’autocompassion ?)

Pour cela, il est essentiel de bien respecter nos besoins physiques comme émotionnels. Trouver l’équilibre entre le fait de répondre aux besoins de son bébé et de combler nos besoins est un véritable défi. Il faut parfois oser demander de l’aide, dire son ressenti en utilisant la communication non violente…Nous avons des besoins physiologiques et de sécurité (la jeune maman doit pouvoir y répondre), mais elle garde encore des besoins de relations et de reconnaissance. Nous pouvons nous autoféliciter, reconnaître nos mérites et dire notre besoin de reconnaissance à ceux qui nous entourent.

Éduquer nos enfants est un parcours d’endurance. Il faut donc ménager nos forces pour tenir dans la durée.

Vivre au mieux son troisième âge...

…face à ses enfants devenus parents dans la société d’aujour’hui.

Erpent 2015

 

1.      Mieux comprendre la société d’aujourd’hui

Comparaison entre les années 60-70 et les années 2000-2010 :

(…)

Je ne suis pas du tout en train de dire que c’était mieux avant ou que c’est mieux maintenant. Ce genre de débat n’aboutit à rien. Les choses sont telles qu’elles sont et la question à nous poser est « qu’est-ce qu’on fait avec cela ? » alors que l’avenir est incertain : crise économique, poussée des extrémismes, « fin » du capitalisme…Nos enfants et petits-enfants vont devoir vivre à 7 milliards et plus sur une seule planète et nous ne savons pas comment ils vont y arriver. Pourtant,  nous n’avons pas le choix : cela va devoir se faire dans la paix et le respect de l’autre car si le bateau coule, tout le monde coule. Nos enfants et nos petits-enfants vont devoir développer leur créativité pour inventer un monde vivable pour chacun d’entre nous. Ils vont devoir apprendre à travailler ensemble avec des personnes du monde entier pour pouvoir sauver la planète. On ne sait pas comment ils vont y arriver, mais avoir confiance dans leurs ressources créatives, avoir confiance en eux, s’ouvrir au monde qui nous entoure, c’est le minimum que nous pouvons leur donner.

2.      Accompagner vos enfants adultes devenus parents : quelques idées et stratégies

Vous avez été parents de vos enfants bébés, enfants, adolescents et maintenant vous êtes face à des adultes. A chaque fois, vous avez dû vous adapter !

Vos enfants sont donc devenus parents dans ce monde complexe en mutation, en manque de repères et à l’avenir incertain. Cela peut vous faire peur mais la peur n’est pas bonne conseillère ! 

Réflexion sur la peur : (…)

Malgré les nombreuses situations familiales et sociales instables, la famille reste la cellule de base de notre société. On ne peut pas laisser les familles isolées face à l’éducation de leur enfant. Il me semble que la communauté humaine dont la famille élargie a un rôle à jouer. En faisant preuve de créativité, il est « possible de retrouver des solidarités et de l’entraide sous une forme adaptée à nos modes de vie et compatible avec le respect des territoires de chacun »[1]. On a pu prouver que rencontrer la bonne personne  (un tuteur de développement) au bon moment peut faire toute la différence. Dire la bonne parole au bon moment aussi.

Traditionnellement, les valeurs et le rôle social étaient définis par le groupe d’appartenance dont on faisait partie. Actuellement, la famille  ne peut plus puiser, dans ses traditions, les ressources nécessaires pour vivre dans le monde d’aujourd’hui. Elle a beaucoup plus de choix de vie, d’autonomie, de possibilités de se réaliser, mais elle n’est pas toujours préparée à s’adapter aux changements actuels et à  faire de vrais choix de vie qui impliquent certaines valeurs. C’est pourquoi certaines familles sont désorientées devant les problèmes posés par la vie et par l’éducation des enfants. Y réfléchir ensemble est une première étape comme s’informer, dialoguer avec d’autres familles, s’encourager les uns les autres…

Dans un environnement très stimulant comme le nôtre, le parent doit servir de médiateur entre le monde et l’enfant. Ce n’est malheureusement pas toujours possible (manque de disponibilité dû au travail, aux multiples sollicitations, etc.). Si vos enfants comptent souvent sur vous pour vous occuper de leurs enfants, ce rôle de médiateur sera parfois votre rôle : l’aider à se comprendre lui-même, aider l’enfant à comprendre le monde et les autres, … Dans ce cas de figure, je vous conseille de toujours prévenir les parents que vous avez eu ce genre de discussions. Quand vous donnez votre avis, parlez en « je » et dites-leur que vous avez un avis parmi d’autres afin que l’enfant puisse comprendre la diversité des points de vue (il n’existe pas UNE vérité), développer son esprit critique et se forger petit à petit une opinion. Pour cela, il est important de vous renseigner sur le monde qui vous entoure et de nuancer vos propos. Parfois, il est aussi possible de ne pas avoir d’avis ou de dire ses doutes sur la question…N’hésitez pas à leur demander leur avis : les enfants mêmes petits ont très souvent un avis et aiment le partager. En dialoguant avec lui comme un être doué d’intelligence  et capable de réflexion, vous lui permettez de prendre sa place petit à petit au sein de la société.

 « Il est très important de réaliser que nous sommes en train de découvrir un nouveau monde pour nos enfants et petits-enfants à venir, ce qui doit nous inciter à réfléchir toujours plus avant à tout ce qui va en sortir d’inattendu »[2].

 

La stratégie de l’ourse polaire et de la famille des loups :

Quand l’enfant naît et à chaque étape de sa vie, la maman doit protéger son petit, lui apporter amour et affection, tendresse et protection pour le sécuriser et l’accompagner à l’étape suivante. Le papa protège sa bulle familiale. Ils doivent se protéger du monde extérieur pour avoir accès à leur monde intérieur et à leurs ressources créatives pour progresser.

Les grands-parents, la famille élargie se trouvent autour du nid. Il est important de leur transmettre amour, empathie et confiance dans leurs capacités. Il vaut mieux éviter critiques et jugements. Quand une personne est critiquée[3], elle ferme ses oreilles et ne peut absolument plus entendre (cfr mécanismes de défense : paralysie et fermeture ou combat et agressivité).

La stratégie des manchots :

Quand il fait très froid, les manchots se collent les uns aux autres pour se tenir chaud. Tour à tour, ils se mettent à l’intérieur de leur groupe de pairs pour se réchauffer, puis se placent à l’extérieur pour protéger les autres. Choisir des stratégies d’entraide pour passer à travers les obstacles de la vie devrait faire partie de notre arsenal de « bien vivre » ! Ainsi, face aux obstacles de la vie, nous sommes protégés par notre « clan » qui nous transmet chaleur et amour et d’autres fois, c’est nous qui prenons notre responsabilité pour protéger les nôtres.

Autres idées :

Avec les plus intimes ou si nous sommes à l’aise avec ce type d’attitude, n’hésitons pas à les étreindre. « Quand un être humain pose la main avec amour sur un autre être humain, il se passe quelque chose, au-delà des mots. Comme si, tout à coup, ils devenaient un »[4] et c’est un vrai plaisir de pouvoir le ressentir. Le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh nous conseille d’être alors vraiment présents à l’autre et de partager trois respirations conscientes, et pas trois petites tapes « vite fait, bien fait ».

L’optimisme et l’humour peuvent être ainsi notre allié. Leur fonction pourrait être « de créer un lien d’humanité entre des individus (…). L’humour rassemble, crée immédiatement une communion »[5]. Il nous permet de vivre un certain détachement, nous rend moins agressifs et plus attractifs aux yeux des autres. Le tout est de trouver le bon moment pour l’utiliser et le faire à bon escient.

« Nous avons la capacité d’être généreux et nous devons apprendre à l’exprimer »[6].

3.      Prendre soin de soi

Depuis quelques mois, on parle d’un nouveau type de burn-out, le burn-out parental mais le burn-out des grands parents est à nos portes. « Alors que 60 % des grands-parents belges gardent leurs petits-enfants, un excès de cette activité serait néfaste pour leur santé… Le Figaro, qui rapporte l’info, a trouvé la formule pour dépeindre ce nouveau phénomène de société : la génération Chic-Ouf. Pour « Chic, ils arrivent, ouf, ils repartent » »[7]. Il vous faut donc être capable de prendre soin de vous-mêmes pour donner le meilleur de vous à vos enfants et petits-enfants dans la durée !

Autobienveillance

D’abord, j’ai envie de vous dire « soyez tendres avec vous ». Proscrivez les culpabilisations et les jugements autocritiques; apprenez à avoir beaucoup de bienveillance pour vous-mêmes et d’autocompassion. C’est en vous acceptant comme vous êtes que vous arriverez à accepter vos enfants et petits-enfants comme ils sont.

L’autocompassion a été beaucoup étudiée et ses bienfaits sont réels. Vous pouvez vous autoféliciter, reconnaître vos mérites et dire votre besoin de reconnaissance à ceux qui vous entourent. Vous pouvez également faire des exercices plus méditatifs.

Quelques minutes d’exercice d’autocompassion

 

Répondre à ses besoins

Contrairement aux psychologues précédents, Maslow s’est intéressé aux personnes qui allaient bien et étaient épanouies pour analyser leurs points communs. Il s’est rendu compte que ces personnes avaient notamment comme point commun qu’elles parvenaient à bien satisfaire leurs besoins. Sur cette base, il a élaboré une théorie qu’il a schématisé sous forme de pyramide. En bas de celle-ci, on découvre les besoins physiologiques (boire, manger, dormir…) et  au deuxième niveau, les besoins de sécurité. Il a remarqué que les personnes qui remplissaient ces deux niveaux de besoins primaires, avaient tout pour survivre mais ne se disaient pas heureuses. Au-dessus de cette pyramide, nous trouvons les besoins de relations, de liens et d’appartenance à des groupes (3ème niveau), puis les besoins de reconnaissance et d’estime (avoir confiance en soi qu’être valorisé et estimé par autrui) et enfin au 5ème niveau, le besoin de s’accomplir, de se réaliser et d’agir en cohérence avec le sens qu’on souhaite donner à sa vie (que tout le monde ne cherche pas à atteindre). Cette théorie est un peu vieillie et est critiquée pour sa rigidité, mais je trouve qu’elle reste un bon outil.

Il est essentiel de bien respecter nos besoins physiques comme émotionnels.

 

Accueillir ses émotions

Accueillir nos émotions comme elles viennent est également un point fondamental. Toutes nos émotions sont importantes car elles nous disent quelque chose sur nos besoins insatisfaits (j’ai peur car je n’ai pas comblé mon besoin de sécurité, je suis triste car j’ai un souci du côté de mon besoin de relation, je suis en colère car je ne me sens pas respecté…). Il n’y a pas de jugement à avoir sur nos émotions (il n’est pas plus courageux d’être en colère que d’avoir peur). Ce sont des émotions que nous ressentons et dont nous ne sommes pas responsables. Les émotions peuvent également activer nos mécanismes de survie : la peur et la tristesse peuvent entrainer la paralysie, la colère le combat et la peur la fuite.

 

Nos anciennes blessures, un événement traumatisant (abandon par exemple) peuvent être réactivés à cause d’un un simple rappel de celui-ci (rejet dans une amitié, gros conflit, trahison amoureuse…). Si nous connaissons nos façons de fonctionner, nos blessures d’enfance et les mécanismes de survie que nous utilisons habituellement, nous saurons mieux les repérer et les empêcher d’interférer de manière inadéquate dans nos relations avec nos enfants.

Prendre soin de nous c’est donc aussi prendre soin de nos cicatrices, repérer nos mécanismes de survie et accueillir nos émotions.

 

Les émotions positives sont aussi extrêmement importantes. Elles diminuent le stress, elles sont bonnes pour la santé. Ce qui est très important aussi, c’est de prendre du plaisir à être avec ses enfants et ses petits-enfants, car on ne fait jamais aussi bien les choses que quand on le fait avec plaisir. Moi, je déteste faire les choses par devoir, mais comme tout le monde, cela m’arrive de devoir faire des choses que je n’aime pas faire. Alors, j’imagine comment faire pour que cette activité soit amusante (faire les courses avec une copine, mettre de la musique en faisant la vaisselle, chanter en repassant, « me prévoir une carotte »…).

Le rire engendre aussi des émotions positives. Il «  exerce des effets très bénéfiques sur la santé. (…) D’autant plus que le sens de l’humour nous rend plus attractifs aux yeux des autres. (…) Nous sommes alors plus facilement intégrés en société»[8].

Il y a moyen de créer des émotions  positives et il y a moyen de prolonger celles-ci. Comment ?

·         Les objets aident à  créer des traces qui évoquent les événements agréables : matérialisez les souvenirs : confectionnez votre album de photos de vacances, faites un pêle-mêle de tous vos bons moments, créez une boîte à souvenirs avec les objets glanés au fil de vos voyages, décorez vos toilettes avec des souvenirs rigolos, etc.

·         Inventez-vous des rituels du soir qui sont de petites stratégies de renforcement des émotions positives et qui permettent de voir les opportunités derrière les difficultés et les épreuves : souvenez-vous d’une chose positive qui vous est arrivé pendant la journée, citez trois choses pour lesquelles vous estimez avoir de la chance, trouvez un élément positif d’une situation que vous jugiez a priori négativement, etc.  

·         Sourire est très bon pour la santé individuelle et collective : quand nous sourions, les autres ont tendance à faire la même chose. C’est pourquoi ne vous en lassez pas ! Les sourires sincères étant plus « efficaces » que les sourires « forcés », essayez d’extraire du quotidien les instants d’émerveillement et de grâce.

Il y a beaucoup d’autres moyens de prendre soin de soi comme prendre soin de son corps grâce au mouvement et à la détente, être capable de rire de soi, vivre l’instant présent, méditer, faire des choix pour améliorer sa qualité de vie, diminuer les ruminations, etc.

Exercices

(…)

Pour contacter Bénédicte Prévost afin d’animer conférences ou débats destinés aux parents ou pour un rendez-vous de soutien à la parentalité : benedicte.prevost@creonspourdemain.be  

 

 


[1] I. BAYOT, Cultures, puéricultures, implication maternelle et allaitement, Formations Co-Naître, Agence de la santé et des services sociaux de l’Estrie, Québec, 2010, p. 14.

[2] P. DELION, La fonction parentale, coll. Temps d’arrêt/Lectures, 2ème éd., Fabert-Yapaka.be, Bruxelles,  2011, p. 57.

[3] Les critiques ne sont acceptables que sous deux conditions : si elles sont constructives pour aider à développer d’autres façons de se comporter et si, auparavant, la personne a reçu suffisamment d’appréciations positives inconditionnelles.

[4]T. JANSSEN, La solution intérieure. Réveillez le potentiel de guérison qui est en vous, coll. Evolution, n°13062, Pocket Fayard, Paris, 2006, p. 331.

[5]F. LENOIR, Petit traité de vie intérieure, coll. Philanthrop’, France Loisirs, Paris, 2010, p. 203.

[6] THICH NHAT HANH, La plénitude de l’instant. Vivre en pleine conscience, coll. Voie positive, n°3655, Marabout-Dangles, St-Jean-de-Braye, 1994, p. 89.

[8]T. JANSSEN, La solution intérieure. Réveillez le potentiel de guérison qui est en vous, coll. Evolution, n°13062, Pocket Fayard, Paris, 2006, p. 109

Publications

Vous trouverez ci-dessous quelques articles que j’ai écrits pour différentes revues dont les revues des écoles de mes enfants et le livre que j’ai écrit pour mes enfants. Celui-ci avait pour objectif de leur raconter leur histoire sous forme métaphorique. Il a été illustré par une de mes anciennes élèves.

 

Psychologie préventive, numéro 51, Septembre 2018

Entre sécurité et surprotection, comment trouver l'équilibre dans l'éducation? Septembre 2018

Accueil, Fédération Enfance & Familles d'Adoption, n°178

Les bienfaits du massage pour les enfants, Brin des Bruyères

 Il n’y a pas d’âge pour apprécier le massage[1]

 

Dans cet article, je ne vais pas développer les bienfaits du massage pour bébés, bien connu de tous aujourd’hui (ex. efficace contre coliques, insomnie, petit poids…).

Par contre, le massage pour enfants est peu fréquent dans notre civilisation judéo-chrétienne qui porte toujours le fardeau d’un passé où le rapport au corps fut assez négatif. C’est sans doute une des raisons qui fait que le toucher est un sens peu développé chez nous. Au-delà du bien-être qu’il apporte, le massage reste à être reconnu pour ses apports au développement de l’apprentissage chez l’enfant. A l’heure où nous faisons face à une augmentation d’enfants et d’adolescents qui souffrent de déficit d’attention et/ou d’hyperactivité, il est temps de réintégrer la place du corps et du toucher dans notre éducation et dans notre relation avec nos enfants.

 

Le massage permet à l’enfant d’établir une relation sécurisante avec son parent. Sachant que notre peau a une mémoire, nous pouvons penser qu’un enfant massé offrira et recevra facilement de l’affection quand il sera devenu adulte. Il favorise le lien d’attachement entre le parent et son enfant et lui permet de construire sa propre sécurité affective. Cela l’aide à prendre la distance nécessaire d’avec son parent pour construire sa personnalité. Grâce aux massages, il s’établit entre le parent et son enfant une communication non verbale directe, vraie et sincère. Ce qui est parfois difficile de dire avec des mots peut passer par le contact manuel, comme la transmission de notre affection, de notre respect et de notre amour.

 Dans notre société stressante, il n’y a pas que les adultes qui soient sous pression. Le massage permet aussi à l’enfant de diminuer ses tensions. Le massage du thorax et du dos va permettre à l’enfant de libérer ses tensions par une respiration plus profonde. Le massage du ventre relaxe, aide à l’endormissement et régularise la digestion et autres troubles intestinaux. Le massage des pieds l’aide à s’ancrer au sol, à la terre, symbole de la mère dans de multiples cultures !

Le massage aide également à la concentration : il contribue en effet à produire une hormone qui stimule le cerveau des enfants d’une part et les rend plus calmes, concentrés et détendus d’autre part (en étant également moins agressifs car moins tendus). Pour favoriser la mémoire à long terme, il est essentiel que l’enfant soit détendu. C’est d’autant plus important que l’hormone produite par le stress ou le manque de toucher ou d’affection est a contrario très néfaste pour le corps (le système immunitaire par exemple).

Le massage offre à l’enfant une meilleure perception de soi en lui donnant une conscience de son schéma corporel (considéré comme acquis à l’âge de 11 ans). L’enfant apprend par et avec son corps, il lui permet de découvrir le monde qui l’entoure, de se situer dans l’espace. Une bonne intégration du schéma corporel l’aide à mieux coordonner ses gestes, atteindre un meilleur équilibre et s’orienter de plus en plus efficacement dans l’espace. Nous favorisons parfois les activités cérébrales mais n’oublions pas que l’utilisation du toucher et du mouvement permet l’acquisition de compétences (le massage l’aide à développer son intelligence kinesthésique par ex.) et comble plusieurs besoins fondamentaux.

Le massage peut aider l’enfant à apprendre petit à petit à gérer seul ses angoisses grâce à un bon ancrage au sol et à une respiration plus ample et consciente (particulièrement la sub-ombilicale).

Le massage fait donc connaître à l’enfant l’état de détente et de relaxation qui par le déclenchement de toute une série de réactions en chaîne hormonale favorise son développement harmonieux et sain.

 

« Au moment où les parents introduisent des pratiques éducatives, ils continuent à combler les besoins d’affection, de sécurité, de contenant, de dialogue de leur enfant. Entrer dans une logique éducative en introduisant des règles et des interdits plus complexes ne signifie pas que les parents cessent de prendre en considération les besoins de leur enfant au profit d’un objectif éducatif  et normatif. Il s’agit de rester à l’écoute des besoins et de la personnalité propres de son enfant. Parce que le maternage persiste, l’enfant continue à rester au centre des préoccupations au travers du projet éducatif que les parents (et les éducateurs) construisent pour lui et… avec lui »[2]. Petit à petit, nous ne maternons plus notre enfant que quand il est malade…Mais le massage peut être une forme de maternage « préventif » qui lui permet de se sentir en sécurité affective avec nous (dans une « bulle » : c’est une image qu’ils aiment beaucoup), qui lui permet de partir vers son chemin d’autonomie car il sait que le port d’où il part est stable et accueillant et qui ne l’ « oblige » pas à tomber malade ou à régresser pour être à nouveau materné. 

 

Nous avons la chance d’être dans une école qui, dès la maternelle, apprend aux enfants à se masser les uns, les autres. Continuons à le faire à la maison. L’apprentissage est simple : il ne demande que peu de temps.  Dégageons-nous du temps pour masser nos enfants (un petit massage de 10-15 minutes a déjà des effets sur l’ensemble du corps). Cela ne sera pas du temps perdu mais un moment privilégié!

Nous avons la chance d’être dans une école qui développe les différentes intelligences de nos enfants (et pas seulement la linguistique et la logicomathématique), les différentes facettes de la vie de notre enfant…Profitons-en pour les accompagner dans ce sens !

B. Prévost, maman de Louis et Arthur Jeanjean

 


[1] Quelques livres et sites qui m’ont aidée à écrire cet article : « Grandir avec des limites et des repères…pour aller plus loin : Dossier à l’usage des professionnels » de l’ONE ; S. FOURNIER, « Les 8 intelligences de votre enfant », éd. Enfants Québec, Saint Lambert (Québec), 2007 ; www.passeportsante.net; www.contenulibre.com

[2] Op. Cit. « Grandir… », p. 91.

Livre Louis et Arthur

Chers enfants,

Je vais vous raconter une histoire que m’a contée doudou lapin…

 

« Il était une fois un tout petit ourson tout doux, tout beau qui se trouvait dans l’herbe fraîche.

Que faisait-il là ? Il ne le savait pas.

Pourquoi était-il tout seul ? Il ne le savait pas.

Mais ce n’était pas le moment de se poser toutes ces questions.

Il sentait l’odeur de l’herbe, il voyait le soleil brillant au loin dans le ciel…mais il avait froid…de plus en plus froid…Il avait peur car il était seul…Alors il décida de crier pour appeler à l’aide…Il cria, hurla de toutes ses forces…De plus en plus fort…Il sentait qu’il était en colère…Pourquoi m’a-t-on laissé tout seul ?…Pourquoi personne ne répond à mes appels ? Il ne le savait pas et cela le mettait de plus en plus en colère.

Comme il était fort et courageux, il continua à crier de toutes ses forces…Il ne se découragea pas, il ne pleura pas…Il cria encore et encore…

 

Enfin ses appels furent entendus…Une dame ourse belle et grosse avec une voix toute douce le prit délicatement dans ses bras. Elle sentit qu’il était tout froid…alors elle courut vite à sa tanière l’installer près du feu dans une boîte où elle mit de l’herbe sèche, de la paille et des plumes d’oiseau tombées du nid d’à côté pour que ce petit lit soit douillet.

Tout doucement, petit ourson se réchauffa et puis sentit qu’il avait faim. Il se remit à crier pour faire comprendre à madame ourse que son ventre criait famine…mais heureusement, elle comprit vite et lui donna du lait tiède.

Qu’il se sentait bien dans cette tanière: il faisait bon, il y avait d’autres petits oursons, madame ourse était gentille et lui donnait bien à manger.

 

Petit à petit, il grossit, il grandit et commença à jouer avec les autres petits oursons…Il était content…La peur était-elle encore là ? Peut-être. La tristesse aussi, mais il essayait de ne pas trop y penser.

 

Un jour, madame ourse lui expliqua qu’elle ne pouvait pas le garder. Sa tanière n’était pas assez grande et sa famille était de plus en plus nombreuse ! Il leur fallait plus de place.

Comme elle était douce et bonne, elle lui avait trouvé des parents !

C’était un papa et une maman panda !

Ils n’avaient pas d’enfant et seraient heureux de l’accueillir chez eux. En effet, ils désiraient tellement devenir papa et maman d’un petit.

 

Quand ils arrivèrent le chercher, petit ourson eut un peu peur…En effet, il n’avait encore jamais rencontré de panda auparavant !

Très vite, il sentit leur odeur, sentit leur chaleur et sentit qu’ils étaient bons.

Maman panda était douce et petit ourson se sentait bien dans ses bras. Papa panda était fort et petit ourson se sentait en sécurité entre ses pattes.

Leur cabane était belle, chaude et lumineuse….

Il chantait, il dansait, il riait, il grandissait et savait faire de plus en plus de choses. Qu’il était heureux avec ses parents !

 

Un jour, pourtant, il sentit que quelque chose allait changer…Il ne savait pas quoi mais était inquiet.

Quelques jours plus tard, maman panda lui expliqua qu’elle avait un bébé dans son ventre ! Il ne comprenait pas ce que cela voulait dire. Que faisait-elle avec un bébé dans son ventre ? Allait-il rester là ? Allait-il sortir ? Pourquoi avait-elle cela dans son ventre ?

Elle lui expliqua que ce bébé panda allait devenir son petit frère ! Ca alors, quelle drôle d’affaire ! …Et il commença à se poser des questions…Lui aussi avait-il été dans le ventre de sa maman ou de son papa ?

 

Maman panda grossissait de plus en plus mais la vie n’avait pas changé. Elle était toujours belle et douce et papa panda était toujours fort et joyeux !

Petit ourson avait quand même un peu peur, car il ne comprenait pas ce qui allait arriver !

De plus, il sentait que malgré leur joie, maman et papa panda avaient aussi un peu peur. Ce bébé panda allait-il être beau ? Doux ? Fort ? Intelligent ?…et en bonne santé ?

 

Un jour où toute la famille était réunie pour une fête, petit ourson sentit que bébé panda allait arriver ! Il avait peur et n’était pas très content…Maman panda aussi sentit que son bébé voulait sortir…Et ils avaient raison…

Bébé panda sortit du ventre de maman panda. Il était beau, petit et fragile comme tous les petits bébés et il allait bien !

Tout à coup, petit ourson sentit une terrible colère monter en lui…Il hurla, cria…Il avait envie de tout casser, tout taper. Il ne voulait pas de ce bébé panda dans sa cabane. Il ne voulait pas que maman et papa panda s’occupent de ce bébé. Il voulait qu’il parte ce bébé ! Qu’il aille voir ailleurs…

Petit ourson avait-il peur que cela soit lui qui doive quitter ses parents et la belle cabane ? Peut-être…Mais l’heure n’était pas à la peur mais à la colère ! Il était furieux et il voulait qu’on l’entende !

Papa panda le prit dans ses bras pour le rassurer. Maman panda lui montra qu’elle l’aimait toujours. Elle avait deux bras et un grand cœur ; elle était capable d’aimer deux petits !

Petit ourson sentit petit à petit que sa colère retomba…Sa peur resta encore un peu…Mais ce petit panda regardait son grand frère avec tellement d’amour que celui-ci s’apaisa.

Quand il était dans le ventre de sa maman, petit panda entendait petit ourson jouer et chanter…Il le connaissait déjà donc un peu par ses cris et ses rires. Il fallait encore qu’il s’habitue à son odeur, à sa douceur sur sa peau, à son corps fort quand ils jouaient ensemble…Petit panda aimait son grand frère. Il le trouvait beau, doux et intelligent. Il aimait ce grand frère qui savait courir, chanter, danser et jouer.

Alors petit ourson se détendit…Parfois la colère revenait…Parfois la peur le reprenait…

Mais il savait que maman, papa et petit frère panda l’aimaient de toute leur force, qu’il était en sécurité avec eux, qu’il était bien dans la chaleur de leurs bras, que maman panda sentait bon et était douce, que papa panda était fort et courageux et que petit frère était drôle et joyeux…et que c’était génial de vivre avec eux. »

 

Daniel qui écoutait l’histoire de sa grand-mère lui posa une question : « Grand-mère, petit ourson est-il triste de ce qui lui est arrivé ? »

 

« Je ne sais pas mon petit…Il faudrait le lui demander… »      

Rêver de se rencontrer autrement, Martin9

Le monde change et les jeunes font partie intégrante de cette société en mutation. Certains psychologues disent même qu’ils sont des mutants alors que nous sommes des semi-mutants[1]. Comme parents et enseignants, nous pouvons nous adapter à eux tout en apportant notre touche personnelle de demi-mutant (« tu fais ton 20ème siècle » comme ils disent)!

Je suis professeur de religion en 5ème secondaire dans la région namuroise. Début janvier, j’ai animé un atelier créatif autour du thème des cartes de vœux[2].  Je trouvais intéressant de les faire réfléchir autour d’une tradition qui se perd. Les consignes étaient les suivantes : « crée 3 cartes de voeux : une pour un membre de ta famille, une pour un ami(e), une pour un membre de la communauté éducative ». Ils devaient donc choisir à qui ils allaient les envoyer, comment ils allaient les décorer et ce qu’ils pouvaient souhaiter. Nous avons mis les bancs côte à côte et face à face de sorte de faire une très longue table et de tous nous voir puis nous avons mis le matériel créatif au centre afin de nous le partager.

Durant cette heure, les élèves se parlaient librement, racontaient leur grand-mère qui faisait de bons petits plats, leurs professeurs, leurs éducateurs, etc. Ils me demandaient de les aider à commencer leur texte, à corriger leurs fautes d’orthographe ou à écrire l’adresse au bon endroit. Quand j’ai des problèmes avec l’ordinateur, ils m’aident mais pour écrire sur une enveloppe et mettre un timbre, même à 17 ans, ils ont besoin de mes conseils. J’adore cet échange intergénérationnel et cette collaboration naturelle.

Dans ces moments privilégiés, j’aimerais que telles des petites souris, mes collègues ou les parents d’élèves soient là pour les entendre parler gentiment de leur famille, avec tendresse et humour de leurs professeurs, de leurs souhaits pour l’avenir, de leurs peurs, de leurs difficultés, …  Alors, je me fais discrète en faisant mes cartes de vœux parmi eux et puis je glisse « dites-le à vos parents ce qu’on fait en classe, ce que vous avez appris sur vous-mêmes en faisant tel ou tel exercice, dites-leur vos besoins et vos émotions ». Tout à coup, le charme est rompu car certains d’entre eux me disent « mais madame, nos parents, ils s’en foutent de ce qu’on fait au cours. Ce qui compte pour eux, ce sont nos résultats ». Pourtant, moi, je pense le contraire alors je vous écris… 

En tant que parents d’ados, nous ne savons plus toujours ce que pensent et ressentent nos enfants et les professeurs que nous rencontrons dix minutes lors des réunions, n’ont pas le temps de nous parler d’eux mais seulement de leurs résultats insuffisants dans la plupart des cas.

Je rêve d’avoir le temps de pouvoir refléter à leurs parents ce que je vois d’eux en classe : comment ils se connaissent et observent leurs parents, comment ils s’autoévaluent, comment ils se sentent au sein de la classe, comment ils s’interrogent sur le monde, comment ils collaborent entre eux, comment ils parviennent à être créatifs, où sont leurs blocages, quels sont leurs besoins, comment ils cherchent le contact avec l’adulte ou comment ils le fuient, comment ils sont parfois à fleur de peau, comment ils ne veulent parfois pas travailler, comment ils ont besoin de bouger, de rire et même encore de jouer,…

À la fin de l’année, nous jouerons à un jeu d’Edouard Limbos. Nous mettrons sur une feuille notre nom et la glisserons à notre voisin. Celui-ci écrira une qualité qu’il nous trouve puis il pliera la feuille. Celle-ci passera de main en main, de qualité en qualité, de pliage en pliage et à la fin de l’heure, chacun recevra une feuille en accordéon avec 25 petits mots gentils. La plupart du temps, ils veulent que je joue avec eux et j’écris 150 petits mots personnalisés pour chacun d’eux.

Je rêve que tous mes collègues fassent la même chose et que vous puissiez lire ces accordéons pour voir votre enfant comme nous le voyons, de manière bienveillante, en classe. 

Bénédicte PREVOST, maman d’Arthur Jeanjean, élève du Lycée

 


[1] Voc. inspiré de J.-P. GAILLARD, Enfants et adolescents en mutation. Mode d’emploi pour les parents, éducateurs, enseignants et thérapeutes, coll. Art de la psychothérapie, ESF éditeur, Issy-les-Moulineaux, 2012.

[2] B. PREVOST, N. LEPLAE, Apprendre à être parent. Un défi créatif, coll. Parentalités, De Boeck, LLN, 2014, p. 304. 

Ateliers

Ateliers créatifs pour parents adoptifs & parents en attente d'adoption

Au cours de ces ateliers, nous invitons les parents adoptifs et/ou parents en attente d’adoption à découvrir la force du langage symbolique, qui permet d’exprimer mieux que les mots, l’intensité et la complexité des émotions et des liens. Ces ateliers permettent d’abord aux parents de reprendre contact avec diverses techniques d’expressions artistiques (dessin, collages, …) et d’y associer le plaisir de l’écriture spontanée.

Ils visent ensuite la réalisation d’objets symboliques personnels destinés à accompagner l’enfant adopté dans les recherches qu’il fera autour de ses origines.

Ces ateliers sont vraiment accessibles à tous, il n’est pas nécessaire de se sentir déjà « créatif » pour en profiter pleinement.

 

Objets symboliques destinés aux enfants adoptés :

·         Arbre généalogique : représentation graphique et symbolique de la famille biologique et adoptive ;

·         Ligne du temps : support créatif destiné à aider l’enfant à se repérer dans son temps de vie et à s’approprier son histoire.

·         Album de présentation de la famille : album demandé par certains pays d’origine, cadeau destiné à l’enfant qui rassemble une mosaïque de photos et couleurs de sa famille adoptive;

·         Boîte à racines : boite décorée destinée à recueillir diverses traces liées aux origines de l’enfant ;

 

Un cycle de six ateliers offre aux parents en attente un espace de créativité pour exprimer les facettes de leur identité personnelle, leurs ressources comme parents, leur projet familial, leurs racines familiales durant quatre séances d’exploration. Deux séances sont ensuite consacrées à la réalisation de la boîte à racines et l’album de présentation, ainsi qu’à la préparation de la ligne de vie et de l’arbre généalogique.

Un autre cycle de deux ateliers propose aux parents adoptifs une réflexion sur la symbolique de l’arbre généalogique et de la ligne du temps ainsi qu’une méthodologie pour leur permettre de les réaliser avec leurs enfants.

 

Animé par Nathalie Leplae (animatrice d’ateliers d’expression de soi et d’écriture créative) et Bénédicte Prévost (formée en adopteparentalité)

      www.atelierdelaspirale.be ou www.creonspourdemain.be

Témoignages

Véronique D.

Je suis dans le plâtre depuis trois semaine et j’en ai donc profité pour terminer certaines de mes lectures commencées et laissées en plan depuis un certain temps.

J’ai donc pu terminer ton livre 😉

J’ai bien apprécié la multitude des sujets abordés, un peu comme un check up de la vie de famille.  J’ai trouvé tes citations et références bibliographiques très intéressantes.  Une mine d’info. Je passerais bien mes trois semaines de congé suivantes dans ta bibliothèque 😉 J’ai aussi été touchée par tes témoignages, et je te rejoins à 100% par rapport au chapitre sur le choix d’école, un chapitre à faire lire autour de soi!!

Par rapport aux notions attachement/détachement, c’est tellement un va et vient entre les deux, et un équilibre à trouver.  Je me suis aussi souvent dit qu’on adoptait aussi ses propres enfants (même si leur vécu n’est pas le même que celui d’un enfant adopté).

Merci en tout cas pour tout ce travail et ce partage.

Bernadette

« Apprendre à être parent », le livre offert par ma fille Nathalie m’a beaucoup touchée par son thème passionnant qui nous concerne tout au long de la vie mais aussi par son auteure Bénédicte, collègue mais surtout amie. Félicitations pour la réalisation de votre bel ouvrage et remerciements pour votre travail utile, empreint de votre expérience de maman et de vos recherches, de votre enseignement et ce qui est très plaisant de votre langage du cœur. Avec intérêt, je vais continuer à cheminer dans votre livre en le faisant connaître autour de moi car apprendre à être parents est une aventure enrichissante, difficile passionnante dans laquelle on ne s’installe pas puisqu’il faut s’adapter à l’imprévu, à l’inconnu, aux saisons de la vie et à la complexité du monde.

Véronique G.

J’étais très contente que Bénédicte me propose de relire son livre d’abord parce que le sujet est évidemment passionnant, ensuite que j’étais certaine d’y retrouver ce que j’admire chez elle depuis de nombreuses années : sa qualité d’écoute et d’observation de ses enfants, sa grande bienveillance et sa capacité à déculpabiliser.

 J’y ai retrouvé cela, mais bien plus encore. Son formidable travail de récolte d’informations, synthétisées, structurées et livrées sur un plateau est une mine quasi inépuisable. En le relisant pour la correction, je prenais note de toutes sortes de références pour pouvoir aller plus loin dans tel ou tel sujet.

 D’autre part, les fiches, dont Bénédicte vient de nous parler, donne à cet ensemble si abondamment documenté un aspect très pratique comme je le disais. Il n’est pas nécessaire de lire un chapitre entier si on recherche une indication précise et pratique. La table des matières des fiches techniques nous donne rapidement la réponse ou l’inspiration dont nous avons ponctuellement besoin.

 Je voudrais juste dire un mot aussi sur les exemples vécus qu’elle nous offre avec simplicité et spontanéité. Ils sont parfois très émouvants, souvent drôles et ont la grande faculté de nous faire retenir l’idée qu’elle illustrait par ce récit.

 On a donc entre les mains un ouvrage qui est tout à la fois un ouvrage de référence, une expérience de vie et un manuel pratique!

 Je terminerai en vous disant les 3 points que j’en ai retenus et que je tente de garder en tête en tant que maman et en tant qu’animatrice. Il s’agit d’abord de l’observation bienveillante du comportement des enfants et les questions qui en résulte par rapport à la satisfaction de leur besoin, de leur sentiment de sécurité. C’est le 2e point, si les besoins essentiels ne sont pas satisfaits, s’il n’y a pas de sentiment de sécurité, il n’y aura pas de développement de la confiance en soi (elle ne pouvait pas tout dire en une heure, mais les pages que Bénédicte y consacre sont incontournables), pas d’apprentissage, pas d’envol vers l’autonomie. Et j’en viens au dernier point, nous ne pourrons être bien sur ce chemin que si nous ne nous oublions pas en cours de route.

 Et pour finir, quand j’ai eu terminé de corriger, j’ai posé mon feutre et des larmes ont coulé. J’étais profondément émue par l’enthousiasme, l’optimisme réaliste et tout le positif qui émane de ces pages. Tout est possible, l’éducation est une magnifique aventure et nous avons en nous et avec les autres (j’insiste sur ce point) toutes les ressources pour la mener à bien dans le plaisir.